On entend parler d’OAT et de « spread » à chaque hausse des taux. Derrière ces mots techniques se cache une mécanique simple, qui explique pourquoi votre futur crédit coûte plus cher cet automne.
L’OAT 10 ans, la boussole des banques
L’OAT est le taux auquel l’État français emprunte sur les marchés. Les banques s’en servent comme référence pour fixer leurs barèmes de crédit à taux fixe : quand l’OAT monte, leur propre coût de financement augmente, et elles le répercutent sur les emprunteurs quelques semaines plus tard.
Or l’OAT a atteint 4,94 % le 1er octobre, alors qu’elle venait seulement de franchir la barre des 4 % cet été. Une montée aussi rapide laisse peu de marge aux banques pour continuer à amortir.
L’énergie, premier moteur de la hausse
Le baril de Brent évolue autour de 107 dollars, contre environ 90 début septembre, et le carburant approche par endroits 3 € le litre. Quand l’énergie flambe, les investisseurs anticipent plus d’inflation et exigent des rendements plus élevés pour prêter. Le mouvement est mondial : aux États-Unis, le taux à 10 ans tourne autour de 5,20 %, un sommet depuis plus de vingt ans.
Le « spread » : la prime de risque française
Le spread désigne l’écart entre le taux auquel emprunte la France et celui de l’Allemagne, considérée comme l’emprunteur de référence en zone euro. En septembre, il a dépassé 100 points de base, du jamais vu depuis 2012. Autrement dit, les marchés demandent à la France un supplément pour lui prêter, et ce supplément se retrouve dans le coût de refinancement des banques françaises. Les débats sur le budget 2027 pourraient encore l’accentuer.
Pourquoi les banques ont tenu… jusqu’ici
En septembre, beaucoup d’établissements ont choisi de rogner leurs marges pour tenir leurs objectifs de production. Mais cette résistance a une limite : dès les premiers barèmes d’octobre, certaines grandes banques ont relevé leurs grilles d’environ 0,20 point.
Suivez l’évolution de l’OAT et des taux du mois sur ma page Simulateur et météo des taux.
Source : données groupe Pretto, octobre 2026. Information économique fournie à titre pédagogique, qui ne constitue ni un conseil en investissement ni une offre de crédit.
